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La kinésithérapie de l'articulation temporo-mandibulaire (ATM) (Partie I) Jean-Marie HEBTING, MKDE (chargé d'enseignement)
61 rue Faubourg Boutonnet 34090 MONTPELLIER. L'A.T.M. est-elle une articulation intelligente? Si nous ne pouvons parler d'intelligence, nous pouvons évoquer ses facultés d'adaptation, sans égale, dans l'organisme, à tout type de malformation et de traumatisme. Trois types de pathologies ont tout particulièrement retenu notre attention, se soldant par une approche différente, un objectif différent et une pathogénie particulière concernant toutes trois l'ATM. KINESITHERAPIE DE L'ATM ET FRACTURE DU CONDYLE MANDIBULAIRE
Les fractures sous-condyliennes hautes ou fractures capitales sont consécutives pour
l'essentiel à un traumatisme indirect très violent. Il se solde par un déplacement
important; bascule du fragment condylien dans le premier cas; remontée du col du condyle
dans le second, entraînant un trouble de l'articulé dentaire (figure 1). ![]()
Figure 1. Déplacement du col du condyle droit
lors d'une fracture sous-condylienne.
Les objectifs de la prise en charge kinésithérapique sont: - rétablissement d'un articulé normal; - rétablissement des possibilités fonctionnelles de l'ATM; - rétablissement de l'esthétique faciale. Une kinésithérapie judicieusement appliquée nous aide à - remédier à la dégradation anatomique, minime, limitée souvent à un faible raccourcissement de la branche montante du côté lésé, qui provoque une latéro-déviation à l'ouverture buccale et à la propulsion. - Lutter contre la dégradation fonctionnelle qui peut être d'installation secondaire voire tardive, menant parfois à la constriction des mâchoires, avec une limitation de l'ouverture buccale plus ou moins importante. Cet objectif est obtenu en visant à - lever la contracture musculaire; - récupérer l'ouverture maximale; - corriger la latéro-déviation mandibulaire; - recentrer le mouvement de propulsion-rétropulsion. Cette rééducation a été codifiée dès 1981 par P. Hergott, D. Psaume et al. - Elle est réalisée devant un miroir en présence effective du praticien qui peut à tout moment corriger l'exercice. - Elle comporte une mise enjeu des muscles peauciers de la face, dès les toutes premières séances, à visée de testing d'abord, d'exercices correcteurs ensuite, ce dans l'optique d'un renforcement. Les mouvements sont pratiqués par séries de 10 mouvements, afin de corriger l'éventuel déficit. Le but est de parvenir à une rééquilibration morphologique du visage. - En parallèle, nous sollicitons les mouvements de la langue en vue d'amorcer la récupération de la mobilité de la mandibule. Nous demandons au patient de porter la langue vers le palais, le plancher de la bouche, la face interne des joues, les dents de sagesse. En pratique il s'agit de recouvrer la plénitude des divers mouvements de l'ATM. Récupération de l'ouverture buccale ![]()
Figure 2. Minuscules coins en bois fichés dans l'espace
interincisif médian et recherche d'alignement.
- ouvre la bouche et la referme en constatant à l'abaissement et au retour le déplacement vers la droite ou la gauche du coin inférieur (figure 2b); - prend note lors de l'intercuspidation maximale (figure 2c) (correspond à l 'engrènement complet des deux arcardes), de la non-coïncidence des deux coins; - cherche à aligner les deux coins dans le même plan; - ouvre la bouche en veillant à respecter l'alignement de deux coins et referme; - ouvre la bouche à mi-amplitude, conserve cette position 1 min, puis réalise l'ouverture maximale, les deux coins alignés. Pareillement lors de la fermeture, pour « sentir » la position après visualisation, et stimuler les centres intégrateurs supérieurs en vue d'augmenter la corticalisation des positions par ailleurs améliorée par le contrôle visuel (figure 3). ![]()
Figure 3. Visualisation de l'alignement mandibulaire.
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