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Dernière mise à jour:
décembre 2007
 
 

L'ARTICULATION TEMPORO-MANDIBULAIRE (Partie III)


Théorie de l'occlusion myocentrée

Jusqu'à la dernière décennie on considérait généralement comme idéale, et l'on prenait comme référence l'occlusion en relation centrée (O.R.C.) qui est une occlusion dentaire fondée sur des relations strictement osseuses entre crâne et mandibule.
Or actuellement, les tenants de la théorie de l'occlusion myocentrée (O.M.C.) attribuent un rôle essentiel au système neuro-musculaire et non à l'articulation temporo-mandibulaire.
L'occlusion résulte de la contraction synergique des différents muscles masticateurs. Le système neuromusculaire est donc le déterminant fondamental de l'occlusion par opposition aux ATM et à la denture qui ne sont que des éléments passifs. Les deux arcades dentaires n'entrent normalement en contact que lors de la déglutition salivaire et prandiale. La déglutition se fait en O.M.C. L'O.M.C. serait une position antérieure par rapport à l'O.R.C., réalisant un véritable équilibre entre les muscles, les dents et les A.T.M.

Théorie de P. Caïx (figure 11)

Fig. 11.
a) Rétropulsion, b) Occlusion, c) Relation myocentrée (repos), d) Début d'ouverture rotation pure, e) Position de crête instable, f) Ouverture maximale, g) Position de fonction mastication.

Celui-ci décrit cinq positions de l'ATM:

Zone 1
Dite en rétropulsion qui met en rapport la crête condylienne mandibulaire et le fond de la cavité glénoïde; réalisée par un recul mandibulaire (2 chefs du ptérygoïdien latéral relâchés)

Zone 2
Le disque a légèrement glissé en avant, suivant le condyle; position de l'occlusion centrée : ptérygoïdien latéral inférieur relâché et chef supérieur légèrement actif (il contrôle le retour discal en position d'occlusion).

Zone 3
Soit position de repos = position d'équilibre musculaire = position dans laquelle la bouche s'entrouvre : la mandibule est suspendue en équilibre musculaire elle est la position de la phonation. Soit position de début d'ouverture (de 0 à 20 mm), le disque reste fixe, le condyle fait une rotation seule, ceci nécessite le rattachement du chef supérieur du ptérygoïdien latéral, mais faible contraction du chef inférieur.

Zone 4
Ou position de crête, instable; le chef supérieur du ptérygoïdien latéral est contracté partiellement pour compenser l'élasticité de l'attache postérieure du disque et le chef inférieur est relâché.

Zone 5
Elle donne une avancée, une ouverture importante (jusqu'à 45 mm) et met en rapport la crête condylienne avec la surface sous-temporale, permettant l'action maximale des abaisseurs, le chef supérieur du ptérygoïdien latéral est relâché, le chef inférieur est en contraction maximale. Cette zone réalise la position dite fonctionnelle, la seule qui permette la circumduction mandibulaire (possible en propulsion). Elle est la position du cri ou du chant.
Quelques notions s'imposent dès lors :
Le disque est indissociable du condyle dont il suit les mouvements passivement. Le condyle est toujours en contact avec le même point du disque. Le ligament collatéral latéral est essentiel dans la translation antérieure dans laquelle le chef supérieur du ptérygoïdien latéral a un rôle essentiel.
Afin de conclure sur la physiologie de l'A.T.M., nous dirons que le muscle semble bien être l'élément actif essentiel du fonctionnement mandibulaire aussi bien dans la mastication que dans les autres situations physiologiques de relation inter-maxillaire. Si l'organe syndesmo-dentaire, véritable palpeur, renseigne le muscle qui ajuste sa tension en fonction des informations que lui transmet le trijumeau, les articulations temporo-mandibulaires sont en outre des articulations suspendues, d'une extrême mobilité, très sollicitées même en dehors de la mastication (10.000 mouvements quotidiens), tributaires de haubans musculaires très puissants, solidaires de l'articulé dentaire, et fonctionnant en couple et en rotation.


EN CONCLUSION
L'articulation temporo-mandibulaire est particulière.
Elle est liée systématiquement à son homologue par l'arc mandibulaire. Embryologiquement elle se définit comme une suture crânio-faciale, phylogénétiquement non spécialisée associant les trois degrés de liberté propres à chaque espèce. Physiologiquement, la forme du disque (ou faux ménisque) répond aux contraintes locales. Mécaniquement, les dérangements sont très fréquents, souvent liés à sa complexité et à la présence de sa troisième composante réalisant une troisième articulation crânio-mandibulaire : à savoir l'occlusion dentaire.

REMERCIEMENTS
à Michel Dufour pour la publication d'un extrait de son ouvrage « Anatomie de l'appareil moteur - Tête et tronc ». Ed. Masson 2002, p. 134-7.

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